Biscotti once fed Roman navies and Christopher Columbus’s expeditions

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Entrez dans un restaurant italien typique aux États-Unis et vous trouverez probablement des « biscotti » au menu. GĂ©nĂ©ralement servis avec un verre de vin doux ou un cappuccino, ces biscuits croquants en forme de bĂ»che sont un rĂ©gal bien-aimĂ© que la plupart d’entre nous associent aux dĂ®ners chaleureux et Ă  la Petite Italie. Mais ces pâtisseries croustillantes Ă©taient autrefois un superaliment utilisĂ© pour alimenter les forces navales et les Ă©quipages de transport.

De la Rome antique Ă  l’Espagne mĂ©diĂ©vale en passant par la Venise de la Renaissance, des gĂ©nĂ©rations de marins ont comptĂ© sur les biscotti comme source de nutrition au cours d’expĂ©ditions en mer de plusieurs mois. Ce n’est qu’au XVIe siècle que ces friandises se sont transformĂ©es en friandises sucrĂ©es qui accompagnent l’espresso.

Rome antique : les origines du pain « deux fois cuit »

Le mot « biscotto » signifie littĂ©ralement « cuit deux fois » en italien. C’est un terme qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  la façon dont les biscuits passent deux fois au four pour crĂ©er leur extĂ©rieur extra-dur caractĂ©ristique. Bien que le terme biscotti (pluriel pour « biscotto ») ne soit apparu qu’au Moyen Ă‚ge, les biscuits existent depuis la Rome antique. C’est Ă  ce moment-lĂ  que les fours publics du gouvernement romain ont commencĂ© Ă  cuire une sorte de pain dur, fait avec de la farine, de l’eau et un peu de sel.

L’Ă©crivain romain Pline l’Ancien fut le premier Ă©crivain Ă  mentionner officiellement les biscotti. Dans son livre du premier siècle Histoire naturelleil explique qu’un pain doublement cuit, appelĂ© Panis NauticuslittĂ©ralement « pain de marin », a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© afin d’avoir une durĂ©e de conservation la plus longue possible.

Les boulangers de la Rome antique ont dĂ©veloppĂ© une technique ingĂ©nieuse pour que le panis nauticus dure de longs voyages en mer. Tout d’abord, ils cuisaient le mĂ©lange de farine, d’eau et de sel comme pour faire un type de pain « ordinaire ». Ensuite, ils cuisaient une seconde fois le mĂ©lange dĂ©jĂ  cuit. La cuisson Ă©tait effectuĂ©e Ă  basse tempĂ©rature et pendant de longues pĂ©riodes pour garantir que toute l’humiditĂ© s’Ă©vaporait. Grâce Ă  ce double processus de cuisson, le panis nauticus pourrait rĂ©sister aux moisissures et aux insectes. Difficile de deviner le goĂ»t de ces pains de longue durĂ©e, ils ressemblaient probablement Ă  des biscottes et avaient un peu le goĂ»t du pain sans levain.

Une fresque romaine antique représente une scène d'une boulangerie ou d'un étal de pain. Un vendeur, assis ou debout derrière un comptoir chargé de miches de pain rondes et empilées, tend un morceau de pain à un client vêtu d'une robe sombre. Deux autres personnages se tiennent à gauche, dont l'un semble être un enfant qui tend la main, peut-être aussi pour chercher du pain. Le pain est un pain rond et rainuré typique de ceux trouvés lors des fouilles archéologiques de Pompéi. Un petit panier est visible sur une surface à gauche.
Une mosaïque romaine de Pompéi montre un boulanger vendant ses marchandises. Image : Frédéric Soltan / Contributeur / Getty Images FRÉDÉRIC SOLTAN

Le pain deux fois cuit Ă©tait une partie si importante de la vie maritime que la ville portuaire d’Ostie, situĂ©e Ă  30 km de Rome, Ă©tait Ă©quipĂ©e de boulangeries spĂ©ciales chargĂ©es de fabriquer Panis Nauticus pour approvisionner les flottes navales et les navires de commerce.

Ce type de « boulangeries maritimes » se trouvait Ă©galement dans d’autres parties de l’Empire romain. Une Ă©tude archĂ©ologique rĂ©cente de l’ancienne colonie romaine de Barbegal, dans le sud de la France, a rĂ©vĂ©lĂ© que les Romains avaient construit un complexe de moulins Ă  eau Ă  l’Ă©chelle industrielle pour produire Panis Nauticus pour les marins et les navires dans la ville portuaire voisine d’Arles.

Moyen Âge : les biscotti deviennent un « superaliment » moteur de l’expansion maritime

Au Moyen Ă‚ge, le Panis Nauticus Ă©tait connu sous le nom de Panis biscactuslittĂ©ralement « pain cuit deux fois », reprenant la rĂ©fĂ©rence « deux fois cuit » encore utilisĂ©e aujourd’hui pour identifier les biscotti. Le poète italien mĂ©diĂ©val Giovanni Boccaccio a mĂŞme citĂ© les biscotti dans son Ĺ“uvre phare de 1353, le Decameron, oĂą l’un des personnages envoie un ennemi « en mer sans aucun biscotto ».

Au Moyen Âge, les biscotti sont devenus une ressource importante pour les États maritimes. La République Maritime de Venise a consacré une zone entière de la ville à accueillir des boulangeries chargées de fabriquer des biscotti.

Comme l’explique l’architecte Irina Baldescu dans une Ă©tude sur l’organisation urbaine de la Venise mĂ©diĂ©vale, la « Ville flottante » a entrepris une « opĂ©ration massive de biscotti » pour approvisionner sa flotte dans le cadre d’une quĂŞte de contrĂ´le des routes commerciales de la MĂ©diterranĂ©e orientale.

Les « quartiers des biscotti » de Venise ont Ă©tĂ© stratĂ©giquement construits dans le quartier de Saint Biagio, situĂ© sur le dernier tronçon de l’ancien chantier naval de Venise, l’Arsenal. Ici, les navires de guerre et les navires de commerce faisaient une dernière escale pour s’approvisionner en biscotti : chaque marin vĂ©nitien disposait d’une allocation journalière d’un biscotto et un bol de soupe, avant de mettre le cap sur la mer Adriatique. S’il est facile d’Ă©voquer des images de marins faisant le plein de biscuits avant de prendre le large, il est important de noter que les biscotti vĂ©nitiens au Moyen Ă‚ge Ă©taient salĂ©s, non sucrĂ©s, et avaient probablement le goĂ»t de biscuits Ă  l’eau croquants.

Une vue ensoleillée de jour sur l'entrée terrestre principale de l'Arsenal vénitien, connue sous le nom de Porta Magna, située dans le Campo de l'Arsenal. L'entrée se compose d'un mur de briques bossagées et d'un portail central en marbre surmonté d'une statue du Lion ailé de Saint-Marc. À droite se trouve une importante tour en brique (Torre di Porta Nuova ou Porta Vecchia) avec un grand cadran d'horloge et un sommet crénelé arborant un drapeau. Deux lions de marbre flanquent la porte et des statues supplémentaires sont visibles au premier plan près du bord de l'eau. À gauche se trouve une place (campo) avec des lampadaires et une terrasse de café, tandis qu'à droite, un pont en bois traverse un canal.
La porte principale de l’Arsenal de Venise, le chantier naval de la ville, a Ă©tĂ© construite entre 1692 et 1694 dans le quartier de Saint Biagio. C’est ici que Venise entreprit une vaste opĂ©ration de fabrication de biscotti pour approvisionner sa flotte. Image : Didier Descouens / CC BY-SA 4.0

Les quartiers des biscotti en forme de L de Venise, reconnaissables Ă  la sĂ©rie de cheminĂ©es sur leurs toits, deviennent un Ă©lĂ©ment emblĂ©matique de l’horizon de la ville et ont Ă©tĂ© capturĂ©s sur certaines des premières cartes aĂ©riennes de la ville. Le peintre flamand Erhard Reuwich a inclus les fours Ă  biscotti dans sa carte de Venise de 1496 et les cartographes flamands-allemands Georg Braun et Frans Hogenberg les ont capturĂ©s dans leur atlas de 1572. Civitates orbis terrarum.

Venise n’est pas la seule Ă  alimenter ses expĂ©ditions maritimes avec des biscotti durables. Les rĂ©publiques maritimes toscanes fournissaient aux marins 400 grammes de biscuits par jour. Une flotte aragonaise venue d’Espagne s’empare de Naples en 1442, en partie grâce Ă  des approvisionnements stratĂ©giques en biscotti de Sicile. Et Christophe Colomb a approvisionnĂ© 1 000 tonnes de biscotti (l’équivalent d’un petit cargo) pour alimenter ses expĂ©ditions vers le Nouveau Monde.

« Les biscotti reprĂ©sentaient environ 75 % de l’apport calorique des Ă©quipages au Moyen Ă‚ge et au dĂ©but de la Renaissance », explique l’historien maritime Lawrence V. Mott, auteur d’une Ă©tude sur l’alimentation de la flotte catalane-aragonaise Ă  la fin du XIIIe siècle. Pour ses recherches, Mott a examinĂ© d’anciennes archives maritimes et des vestiges archĂ©ologiques pour comprendre comment une puissance maritime mĂ©diĂ©vale comme la Couronne d’Aragon basĂ©e Ă  Barcelone, qui contrĂ´lait certaines parties de l’Espagne, du sud de la France, de la Sicile et de la Sardaigne, pouvait soutenir des Ă©quipages de 3 000 rameurs qui avaient besoin d’environ 4 000 calories par jour et qui restaient en mer pendant cinq mois.

« La rĂ©ponse Ă©tait les biscotti », dit-il. “Toutes les preuves indiquent que les biscotti de longue durĂ©e Ă©taient la principale source de glucides des marins.” Le fromage, la charcuterie et la soupe de lĂ©gumes constituaient le reste de l’apport calorique des marins, explique Mott.

Bien entendu, les biscotti maritimes Ă©taient bien loin des dĂ©licieuses gourmandises que l’on grignote aujourd’hui. “Après quelques semaines en mer, les biscotti devenaient durs comme de la pierre”, explique Mott. Les marins Ă©crasaient gĂ©nĂ©ralement leur dose quotidienne de « superaliments » cuits au four et la trempaient dans de la soupe ou du vin – une version maritime du combo de desserts actuel des biscotti.

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“Ce qui m’a vraiment frappĂ© en parcourant les archives, c’est la quantitĂ© de biscotti nĂ©cessaire pour propulser une flotte navale de cette taille”, explique Mott. Une flotte de 20 navires, transportant chacun 150 hommes, en mer pendant trois mois, a nĂ©cessitĂ© la somme Ă©norme de 230 tonnes de biscotti, l’Ă©quivalent de deux rorquals bleus adultes. Cette quantitĂ© colossale de biscotti a Ă©tĂ© produite grâce Ă  une production de biscotti soigneusement coordonnĂ©e sur terre.

« Nous avons tendance à considérer le Moyen Âge comme une période de faible développement technologique », explique Mott, « mais fabriquer suffisamment de biscotti pour une flotte était une entreprise technologique massive nécessitant une coordination entre les gestionnaires de cuisines, les producteurs de céréales, les opérateurs de moulins à eau et les boulangers. » Il était également essentiel de veiller à ce que les biscotti puissent se conserver le plus longtemps possible. La flotte catalane-aragonaise a consacré environ 3 km de tissu à la fabrication de sacs imperméables qui gardaient les biscottis frais en mer.

Renaissance : les biscotti Ă©voluent d’une nourriture de marin rustique Ă  une friandise raffinĂ©e

Au cours du XVIe siècle, les biscotti ont commencĂ© Ă  Ă©voluer d’un « superaliment maritime » Ă  une friandise plus domestiquĂ©e. Il est difficile de dĂ©terminer la date exacte, mais Ă  un moment donnĂ© au cours des annĂ©es 1500, lorsque le sucre a commencĂ© Ă  devenir plus disponible en Europe grâce aux importations de canne Ă  sucre en provenance des AmĂ©riques, les biscotti, du moins ceux cuits pour la consommation terrestre, ont commencĂ© Ă  prendre une tournure sucrĂ©e, avec des ingrĂ©dients comme les amandes et le sucre.

Bartolomeo Scappi, qui a travaillĂ© comme chef pour les rois et les papes, dont les papes Pie IV et Pie V, a prĂ©sentĂ© une recette de biscotti dans son cĂ©lèbre livre de cuisine de 1570, OpĂ©ra de l’Art de la Cuisinequi demandait de la farine, des Ĺ“ufs et du sucre.

L’Accademia della Crusca, un organisme de recherche pour les Ă©tudes linguistiques italiennes, a documentĂ© l’une des premières instances Ă©crites de « cantucci », le nom toscan des biscotti, dans un document de 1691 prĂ©sentant le sucre dans la recette.

Au XIXe siècle, le chef pâtissier toscan Antonio Mattei enrichit la recette des biscotti en y ajoutant des flocons d’amandes et de l’anis. L’Ă©crivain allemand Herman Hesse a fait l’Ă©loge de cette recette, qui a remportĂ© des prix pour l’innovation dans l’agriculture et l’industrie Ă  l’Exposition universelle de 1867 Ă  Paris, dans son rĂ©cit de voyage italien.

Au cours du XXe siècle, les biscuits croquants aux amandes de Mattei sont devenus populaires en Italie et dans le monde entier. L’essor des biscotti de Mattei en tant que dessert mondial de base a coĂŻncidĂ© avec le dĂ©clin des biscotti maritimes.

Comme l’explique Mott, la plupart des flottes de la marine dĂ©pendaient des biscotti, la version salĂ©e, comme principale source de nutrition jusqu’au 19e siècle. Finalement, le dĂ©veloppement de l’industrie de la conserve et les progrès de la rĂ©frigĂ©ration des aliments ont permis aux flottes d’emporter plus facilement des aliments en mer, mettant ainsi fin Ă  la coutume sĂ©culaire consistant Ă  s’approvisionner en sacs de biscotti avant un voyage en mer.

Mais pendant des siècles auparavant, les biscotti ont alimentĂ© des gĂ©nĂ©rations de marins, de commerçants et d’explorateurs. “Les biscotti Ă©taient un aliment tellement parfait pour les marins que les flottes ne modifiaient pas leur rĂ©gime alimentaire jusqu’Ă  ce qu’elles puissent embarquer de la nourriture en conserve”, explique Mott. « Après tout, quand quelque chose fonctionne, pourquoi le changer ?

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Vittoria Traverso est une journaliste indĂ©pendante spĂ©cialisĂ©e dans la science, l’histoire et la culture. Son travail est apparu sur Haute Obscurale BBC, National gĂ©ographique et Revue Smithsonian entre autres.


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